Yama Sega et Maya placées en garde à vue avant une présentation au TPI de Mafanco
Le Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry a rendu publique une affaire judiciaire impliquant deux utilisatrices des réseaux sociaux, dans un contexte de lutte accrue contre les dérives de l’espace numérique en Guinée.
Selon les informations officielles, suite à la diffusion sur la plateforme Facebook de propos jugés « injurieux, outrageants et attentatoires à la dignité humaine », les nommées Mariama BAH, connue sous le pseudonyme « Yama Sega », et Mariama KABA, dite « Maya », font désormais l’objet de poursuites judiciaires.
Le Parquet de la République près le Tribunal de Première Instance de Mafanco a, par une correspondance en date du 14 avril 2026, saisi l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM) afin d’ouvrir une enquête approfondie sur cette affaire.
Les faits reprochés aux deux mises en cause auraient été commis via des plateformes numériques accessibles au public. Ils sont susceptibles d’être qualifiés juridiquement d’injures publiques, menaces, propos attentatoires à la dignité humaine, ainsi que d’infractions connexes liées notamment à l’enrichissement illicite, au blanchiment de capitaux et aux stupéfiants, conformément aux textes en vigueur.
Les autorités judiciaires s’appuient notamment sur la loi relative à la cybersécurité et à la protection des données personnelles, la législation sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que sur plusieurs dispositions du Code pénal.
Les deux femmes ont été interpellées ce jeudi 17 avril 2026. Elles seront entendues dans le respect des garanties procédurales prévues par le code de procédure pénale, avant d’être placées en garde à vue par les officiers de police judiciaire compétents. Leur présentation devant le Parquet du Tribunal de Première Instance de Mafanco est annoncée pour le 20 avril 2026.
Dans sa communication, le Parquet Général a réaffirmé sa volonté de « lutter avec rigueur et impartialité contre toutes les formes de criminalité, y compris celles commises dans l’espace numérique », tout en rappelant son attachement au respect de la légalité et des droits fondamentaux.
Cette affaire relance le débat sur l’usage des réseaux sociaux en Guinée et la responsabilité des internautes dans la diffusion de contenus publics, dans un contexte où les autorités judiciaires durcissent progressivement le ton face aux dérives numériques.
