Football : L’Afrique avance, la Guinée reste à la traîne
Pendant que plusieurs nations africaines écrivent de nouvelles pages de leur histoire à l’occasion de la 23ᵉ édition de la Coupe du monde, la Guinée semble toujours prisonnière de ses mêmes difficultés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les dix représentants africains engagés, neuf ont décroché leur qualification pour le tour suivant. Parmi eux, le Cap-Vert, un pays de près de 500 000 habitants, démontre qu’une vision claire, une bonne organisation et un travail de longue haleine peuvent produire des résultats remarquables.
En Guinée, le constat est tout autre. Depuis plusieurs années, les mêmes problèmes reviennent : manque d’infrastructures modernes, championnat national peu attractif, formation insuffisante, gouvernance fragilisée par des conflits internes et absence d’une stratégie de développement à long terme. Pourtant, après chaque contre-performance, les mêmes promesses sont formulées, sans qu’elles ne débouchent sur de véritables réformes.
Le Syli National est aujourd’hui le reflet de ces insuffisances. Privée de son public en raison de l’absence de stades homologués, la sélection est contrainte de recevoir ses adversaires à l’extérieur, tandis que les dirigeants du football guinéen semblent davantage occupés par des querelles de personnes que par la mise en œuvre d’un véritable projet sportif.
Le Sénégal, le Maroc, la Côte d’Ivoire ou encore le Cap-Vert ne doivent pas leurs performances au hasard. Leurs succès sont le fruit d’investissements soutenus dans la formation, d’une gouvernance plus stable et d’une planification rigoureuse.
La Guinée ne pourra rivaliser avec les meilleures nations africaines tant qu’elle continuera à négliger ces fondamentaux. Le véritable défi n’est pas seulement de rêver d’une qualification, mais de créer les conditions qui permettront de l’obtenir durablement.
À quand une véritable révolution du football guinéen ? À quand des dirigeants davantage préoccupés par le développement du football que par les crises internes et les intérêts personnels ? Tant que ces questions resteront sans réponse, le Syli National continuera d’observer les autres progresser, en espérant un jour pouvoir les rejoindre.
Mohamed Milla Camara
