Chicha en Guinée : le parquet ordonne une vaste opération de recherche et de saisie
Le parquet général près la Cour d’appel de Conakry passe à l’offensive contre la commercialisation de la chicha en Guinée. Dans une réquisition datée du 21 septembre 2026, le procureur général Fallou Doumbouya demande aux services de sécurité de rechercher, saisir et inventorier les produits et matériels liés à cette activité.
Adressée au Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, au Directeur général de la Police nationale et au Secrétaire général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la Lutte contre le crime organisé, la réquisition vise à renforcer l’application de l’interdiction de la chicha sur le territoire national.
Le document s’appuie notamment sur l’arrêté conjoint du 5 janvier 2021, qui interdit l’importation, la distribution et la commercialisation de la chicha en République de Guinée. Cet arrêté prévoit également l’identification et la fermeture des lieux de consommation et de vente.
Dans ses instructions, le parquet demande aux officiers de police judiciaire de rechercher et constater les faits d’importation, de distribution et de commercialisation de la chicha.
Les enquêteurs devront également identifier les personnes impliquées, les circuits d’approvisionnement ainsi que les lieux de stockage et de vente.
La réquisition ordonne par ailleurs la saisie des produits, appareils, accessoires et documents présentant un lien avec les faits recherchés.
Chaque opération devra faire l’objet d’un procès-verbal détaillé précisant notamment la nature et la quantité des objets saisis, leur état, le lieu de découverte ainsi que l’identité de leur détenteur.
À l’issue des opérations, les procédures et les objets saisis devront être transmis au procureur de la République compétent, afin d’être déposés au greffe contre bordereau de remise.
À travers cette démarche, le parquet général entend donc donner une portée opérationnelle à l’interdiction de la chicha, en ciblant non seulement les produits eux-mêmes, mais également les circuits d’importation, de distribution et les lieux de commercialisation.
À retenir : la mesure ne constitue pas une nouvelle interdiction de la chicha : elle organise surtout des opérations de recherche, de saisie, d’inventaire et de transmission des objets saisis, sur la base de l’interdiction déjà prévue depuis 2021.
Mohamed Camara
