Décharge de Dar-es-Salam : les autorités accélèrent le processus de sécurisation et de libération du site

Trois jours après l’annonce du démarrage prochain des travaux de libération et de sécurisation de la décharge de Dar-es-Salam, les autorités guinéennes ont franchi une nouvelle étape. Une délégation gouvernementale s’est rendue ce jeudi auprès des populations riveraines afin d’expliquer les enjeux de l’opération et de préparer le départ des occupants du site.

À Dar-es-Salam, le processus de transformation de l’ancienne décharge entre désormais dans une phase plus concrète. Après l’annonce du lancement prochain des travaux, les autorités ont choisi de privilégier le dialogue avec les populations directement concernées.

La rencontre a réuni le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement ainsi que le ministre de l’Administration du Territoire. Face aux riverains, les membres de la délégation ont expliqué les raisons qui motivent la décision de libérer le site ainsi que les différentes étapes envisagées pour sa sécurisation.

Occupée depuis plusieurs années par des populations riveraines, la décharge de Dar-es-Salam présente plusieurs risques liés à la nature du site et à son exploitation. Les autorités évoquent notamment des risques d’éboulement, de glissement de terrain et de pollution, susceptibles de menacer la sécurité et les conditions de vie des populations installées à proximité.

Face à cette situation, le gouvernement considère la sécurisation du site comme une nécessité. Sa libération doit permettre aux équipes techniques d’intervenir dans des conditions appropriées et de préparer les prochaines étapes de sa réhabilitation.

Lors de la rencontre, les autorités ont ainsi demandé aux occupants de quitter les lieux dans un bref délai. Un appel qui s’inscrit, selon les responsables, dans une démarche de prévention et de protection des populations.

Au-delà de la décision de libérer le site, la rencontre avec les riverains visait également à favoriser la compréhension et l’adhésion des populations au processus.

Dans un contexte marqué par la volonté de préserver la stabilité sociale, les autorités entendent privilégier la sensibilisation, le dialogue et la concertation avec les personnes concernées. L’objectif est de permettre à l’opération de se dérouler dans le calme et dans le respect des populations.

Le maire de la commune de Gbessia a, de son côté, salué l’initiative gouvernementale. Il a invité les riverains à collaborer avec les autorités afin de faciliter la mise en œuvre des travaux et de contribuer à la réussite de l’opération.

Pour le gouvernement, la libération de Dar-es-Salam ne constitue pas une finalité en soi. Elle doit ouvrir la voie à un vaste processus de sécurisation, de réhabilitation et, à terme, de reconversion du site.

Les autorités annoncent ainsi leur volonté de transformer progressivement cet espace et de lui attribuer de nouvelles fonctions, dans le cadre d’un projet destiné à améliorer durablement l’environnement et la sécurité dans cette partie de la capitale.

Les premières opérations sont annoncées à partir du mois de septembre. Leur mise en œuvre nécessitera toutefois une coordination entre les différents services concernés, mais également une communication régulière avec les populations riveraines.

Si la sécurisation de la décharge apparaît comme une priorité pour les autorités, la question de l’avenir des personnes appelées à quitter les lieux demeure au centre des préoccupations.

La réussite de cette opération dépendra donc autant de l’avancement des travaux que de la capacité des pouvoirs publics à accompagner les populations concernées et à maintenir un dialogue permanent avec elles.

À Dar-es-Salam, une nouvelle page semble ainsi s’ouvrir. Après plusieurs années marquées par les risques environnementaux et sécuritaires, le site devrait progressivement changer de visage. Les prochaines semaines permettront de mesurer la capacité des autorités et des populations à conduire cette transformation dans un climat de responsabilité, de dialogue et de stabilité sociale.

Aboubacar Demba Camara