Kindia : des vendeuses investissent le dépôt de la gare et installent un marché improvisé

Depuis la nuit du mardi 11 août 2026, plusieurs vendeuses ont investi une partie du dépôt de la gare ferroviaire de Kindia pour y installer leurs étals. Une occupation qui suscite l’incompréhension des autorités locales et fait naître une certaine confusion autour de la gestion des places.

Sous le couvert de l’obscurité, ces femmes ont pris possession des lieux, déterminées à y aménager un marché de fortune. Interrogées sur les raisons de leur présence, certaines vendeuses affirment avoir agi sur instruction des autorités communales.

« Ils nous ont dit depuis hier de venir au dépôt de la gare. Ils ont affirmé qu’on ne revendra pas nos marchandises ce mercredi. Ils veulent nous faire souffrir. Les autorités doivent nous aider à avoir des places. Nous n’avons pas de places. Ils nous chassent tous les jours. Nous sommes inquiètes. Nous étions à Yenguema, au quartier Abattoir 1. Ce sont les responsables qui nous ont dit de venir ici », a déclaré Mabinty Soumah.

Une version qui est toutefois démentie par le président du conseil de quartier de la Gare. Contacté ce mercredi matin, le docteur Mory Kanté affirme n’avoir reçu aucune information concernant l’occupation de cette partie du dépôt.

« Pratiquement, nous ne sommes pas informés. C’est seulement aux environs de 19h jusqu’à ce matin, j’ai vu que l’envahissement est total au niveau de l’arrière-cour de CADAK. J’ai appelé la hiérarchie, principalement la commission infrastructure, ils me disent de chercher à les calmer pour ne pas qu’il y ait histoire. Les femmes ont anticipé l’événement. Nous sommes sur la voie de calmer, de sensibiliser les femmes », a affirmé le docteur Mory Kanté.

Sur place, la situation semble également marquée par une course aux emplacements. Certaines personnes chercheraient à obtenir plusieurs places dans l’intention de les revendre. Face à cette situation, le chef de quartier entend faire respecter un certain ordre dans l’attribution des espaces.

« Pour ce qui est de l’occupation anarchique, la commune doit revenir là-dessus, c’est clair parce que même toutes celles qui ont occupé les lieux ne sont pas habilitées à occuper. Il doit avoir un recensement au niveau de ceux qui sont sur les voies, ils seront les premiers à être recasés avant les autres. J’ai vu que certaines femmes occupent 3 à 4 places. Il y a même des jeunes infiltrés qui ont occupé des places. Ils veulent les revendre après. Chose que nous allons suivre à la lettre pour que chacun soit rétabli dans ses droits », a souligné le docteur Mory Kanté, chef de quartier de la Gare.

Malgré les incertitudes qui entourent cette occupation, les vendeuses restent déterminées à obtenir des emplacements au dépôt de la gare. Elles disent vouloir quitter les abords des routes, où elles écoulent actuellement leurs marchandises, pour exercer leur activité dans un espace aménagé.

Ibrahima Sory Traoré