Guinée : l’axe routier Coyah–Forécariah, une insécurité routière qui inquiète

L’axe routier Coyah–Forécariah fait de plus en plus parler de lui en raison de la recrudescence des accidents de la circulation. Bien qu’il soit difficile d’obtenir des statistiques précises uniquement pour ce tronçon, les témoignages des usagers et des victimes laissent apparaître une situation préoccupante.
Ce lundi 9 mars 2025, Guinée4.com est allé à la rencontre d’un blessé d’un récent accident sur cette route. Souffrant mais lucide, notre interlocuteur, qui a requis l’anonymat, a tenu à attirer l’attention sur les dangers qui guettent quotidiennement les usagers.
« La multiplication des accidents sur cette route est devenue très préoccupante. Plusieurs facteurs expliquent cette situation et chaque citoyen doit aujourd’hui tirer la sonnette d’alarme. Au lieu de s’attarder sur les circonstances de mon accident, qui m’a déboîté le genou et causé une profonde blessure à la jambe droite, il faut surtout alerter afin que chacun prenne ses responsabilités pour améliorer la sécurité routière en Guinée, notamment sur l’axe Coyah–Forécariah », explique-t-il.


Selon lui, la route est aujourd’hui presque saturée, notamment depuis l’installation d’un port minier à Sénguélén, communément appelé le port de Moribaya. À cela s’ajoute l’urbanisation rapide de la zone.
« Beaucoup de travailleurs qui exercent à Conakry empruntent cette route du lundi au vendredi. Avec l’augmentation du trafic, les risques d’accidents deviennent de plus en plus élevés », souligne-t-il.
Notre interlocuteur estime également qu’il est difficile d’obtenir des statistiques détaillées auprès des services compétents. « Même les journalistes auront du mal à obtenir des chiffres précis auprès de la police routière ou des structures de santé », affirme-t-il.
Toutefois, il s’appuie sur des données nationales publiées par l’Agence Guinéenne de la Sécurité Routière (AGUISER) pour illustrer l’ampleur du phénomène.
Selon le bilan national de l’année 2025, 3 305 accidents de la circulation ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire guinéen. Ces accidents ont fait 528 morts, dont 66 mineurs. Le même rapport fait également état de 702 blessés graves et 888 blessés légers.
Les principales causes évoquées sont l’excès de vitesse, le non-respect du code de la route et l’état parfois dégradé des infrastructures routières.
Plusieurs éléments indiquent que l’axe Coyah–Forécariah n’échappe pas à ces problématiques. En août 2025, cette route a d’ailleurs été le théâtre de l’un des accidents les plus médiatisés de l’année, un drame mortel survenu à Toguiron.
Malgré ces tragédies, les usagers continuent de circuler dans les mêmes conditions, souvent sans changement notable.
Selon une source fiable, la route Coyah–Forécariah a été identifiée comme prioritaire dans les campagnes de sensibilisation à la sécurité routière menées par Rio Tinto SimFer et ses partenaires, en raison de l’augmentation du trafic liée aux projets miniers.
« La route est très étroite et le nombre d’usagers augmente de jour en jour. Beaucoup de conducteurs ignorent encore les règles élémentaires du code de la route », déplore notre interlocuteur.
Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent les autorités à renforcer les campagnes de sensibilisation, améliorer les infrastructures et intensifier les contrôles routiers afin d’éviter que cet axe stratégique ne devienne un véritable couloir de la mort.
FÔFÔ Camara