Kindia : des conducteurs de motos-taxis arrêtés après une manifestation contre de nouvelles mesures

La tension est montée d’un cran ce mercredi matin à Kindia. Plusieurs conducteurs de motos-taxis sont descendus dans la rue pour protester contre de nouvelles mesures encadrant leur activité. La manifestation, rapidement dispersée par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes, s’est soldée par plusieurs arrestations.

La ville de Kindia a été le théâtre, ce mercredi matin, de vives tensions après une manifestation spontanée de conducteurs de motos-taxis.

À l’origine de cette mobilisation, l’imposition de nouveaux gilets et badges présentés comme obligatoires pour l’exercice de la profession. Une mesure qui suscite la colère d’une partie des conducteurs, confrontés, selon eux, à des difficultés économiques.

Un manifestant ayant requis l’anonymat a dénoncé le coût de ces nouvelles exigences : « Nous ne pouvons pas nous permettre d’acheter un gilet à 60 000 francs guinéens dans cette situation économique difficile. »

Face à la fronde, les forces de l’ordre sont intervenues au carrefour Boucherie ainsi que devant le bureau du syndicat. L’intervention, marquée par l’usage de gaz lacrymogènes, a conduit à l’arrestation de plusieurs conducteurs de motos-taxis.

Le syndicat conteste la version des manifestants

Interrogé sur les événements, le responsable syndical a livré une version différente des faits. Il a notamment démenti le montant avancé par le conducteur anonyme et défendu la mise en place de ces nouvelles mesures, qu’il présente comme nécessaires à l’identification et à la réglementation de la profession.

« Le gilet, c’est 30 000 francs guinéens et le badge est vendu à 50 000 francs guinéens. C’est pour identifier les conducteurs de motos-taxis. Cette décision émane des autorités. Ceux qui circulent aussi avec les plaques rouges doivent les changer. Les autorités ont diminué les prix pour eux, mais ils refusent de comprendre. Les motos qui n’ont pas de numéros d’immatriculation seront immobilisées par les forces de l’ordre », a expliqué Lansana Sylla, secrétaire général du syndicat des taxis-motos de Kindia.

Après les affrontements, le calme est progressivement revenu dans la ville en milieu de journée. Mais la tension demeure palpable entre une partie des conducteurs de motos-taxis et leur instance dirigeante, sur fond de grogne sociale persistante.

Ibrahima Sory Traoré