Incendie meurtrier à Matoto : quatre femmes périssent, des accusations de pillage plongent les familles dans une double tragédie

Une nuit d’horreur, des vies brisées et des familles anéanties. C’est le lourd bilan du violent incendie qui s’est déclaré dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juillet 2026 à la Tannerie, dans la commune de Matoto. Le sinistre, qui a ravagé le troisième étage d’un immeuble de trois niveaux, a coûté la vie à quatre femmes, dont deux sœurs jumelles, et fait deux blessés. Au choc causé par cette catastrophe s’ajoutent désormais de graves accusations de pillage formulées par des sinistrés.

Au lendemain du drame, l’émotion reste vive dans le quartier. Les proches des victimes peinent encore à réaliser l’ampleur de la tragédie.

Parmi eux, Loucény Doukouré, qui a perdu plusieurs membres de sa famille, revient sur ces instants qu’il décrit comme un véritable cauchemar.

« Nous étions tous à la maison. Vers 3 heures du matin, nous avons été réveillés par les cris des voisins. Le feu s’était déclaré au troisième étage de l’immeuble où vivait une partie de ma famille. Mes deux nièces jumelles ainsi que ma cousine s’y trouvaient. J’ai tenté de monter pour leur porter secours, mais les flammes étaient déjà trop importantes. Je n’ai pas pu accéder à l’appartement », raconte-t-il, encore sous le choc.

Pris au piège par les flammes, plusieurs occupants n’auraient eu d’autre choix que de sauter dans le vide pour tenter d’échapper à l’incendie.

« Les enfants ont été contraints de sauter. L’une des jumelles est décédée sur place, tandis que l’autre a succombé à ses blessures à l’hôpital. Les deux autres victimes sont également décédées après leur évacuation », poursuit-il.

Le bilan provisoire fait état de quatre décès, tous de sexe féminin : une femme âgée et trois jeunes filles.

Au-delà de la violence du sinistre, Loucény Doukouré met également en cause les conditions d’intervention des secours. Selon lui, les sapeurs-pompiers seraient arrivés avec retard et auraient manqué de moyens pour combattre efficacement les flammes.

« Les sapeurs-pompiers sont arrivés avec un certain retard et ne disposaient pas de suffisamment d’eau pour maîtriser l’incendie. Une personne a dû contacter une société privée afin qu’un camion-citerne vienne ravitailler les équipes sur place », affirme-t-il.

Les premiers éléments recueillis sur les lieux privilégient la piste d’un court-circuit électrique comme origine du sinistre. L’incendie a principalement détruit les appartements situés au troisième étage de l’immeuble.

Mais ce drame aurait pris une tournure encore plus douloureuse. Selon plusieurs sinistrés, des individus auraient profité de la confusion provoquée par l’incendie pour s’introduire dans les appartements et dérober des biens de valeur.

« La plupart des locataires ont perdu leurs téléphones. Dans mon appartement, deux ordinateurs, deux caméras, plusieurs téléphones et d’autres effets personnels ont été emportés. Chez ma grande sœur, les voleurs ont forcé la porte et emporté entre 40 et 50 millions de francs guinéens ainsi que des bijoux en or. Mon beau-père a également perdu entre 80 et 90 millions de francs guinéens destinés à son activité commerciale », dénonce Loucény Doukouré.

Des accusations graves qui, si elles étaient confirmées, viendraient assombrir davantage une tragédie déjà marquée par d’importantes pertes humaines.

Face à cette situation, les familles endeuillées lancent un appel pressant aux autorités afin qu’elles leur apportent une assistance humanitaire, financière et psychologique.

Les victimes ont été identifiées comme étant les jumelles Nafi Soumaoro et Fatoumata Soumaoro, leur cousine Kadi Fofana ainsi que Madeleine Tolno. Nafi Soumaoro est décédée sur les lieux de l’incendie, tandis que les trois autres victimes ont succombé à leurs blessures après leur admission à l’hôpital.

Une enquête devrait permettre de déterminer les circonstances exactes de cet incendie ainsi que de faire la lumière sur les accusations de vol formulées par plusieurs familles sinistrées.