Guinée Forestière : Sur le chemin de la réussite, les examens de sortie des écoles professionnelles et techniques dans une zone hautement minière
Le ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi a lancé ce mercredi 25 juin 2025, les épreuves pratiques des examens de sortie sur toute l’étendue du territoire national.
Dans la région administrative de Nzérékoré, ces évaluations concernent 2 074 candidats, dont 872 femmes, répartis dans sept centres d’examen. Chaque préfecture — Guéckédou, Macenta, Beyla et Nzérékoré — dispose d’au moins un centre, avec quatre rien qu’à Nzérékoré.
Située au cœur de la Guinée Forestière, riche en ressources minières et agricoles, Nzérékoré accueille ces examens dans un contexte où l’enjeu va bien au-delà de la simple validation académique. Il s’agit d’un véritable tremplin vers l’emploi, dans une région où les potentialités économiques sont nombreuses, notamment grâce à la fertilité des terres et la régularité des précipitations.
Deux grandes questions se posent : quel avenir pour ces futurs techniciens dans un environnement prometteur ? Et surtout, les formations dispensées dans les écoles professionnelles et techniques sont-elles réellement adaptées au marché de l’emploi, afin de lutter efficacement contre le chômage ?
Interrogé à ce sujet, l’inspecteur régional de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Alhassane Diami Diallo, est catégorique.
« Les filières enseignées dans nos écoles, qu’elles soient publiques ou privées, sont adaptées aux besoins du marché de l’emploi, que ce soit dans la région, ailleurs en Guinée ou même à l’étranger ».
Il ajoute :
« Les sortants de l’École nationale d’agriculture de Macenta, par exemple, trouveront facilement leur place dans le secteur agricole. À Beyla, Guéckédou et Nzérékoré, les centres de formation professionnelle offrent des filières variées telles que l’électricité bâtiment, l’électricité automobile, la maçonnerie, la soudure, la menuiserie-ébénisterie, la maintenance de véhicules légers et la plomberie sanitaire. À l’ERAM de Nzérékoré, on enseigne aussi les gros œuvres et le froid industriel ».
L’inspecteur a également évoqué les Écoles Normales d’Instituteurs (ENI), destinées à former les enseignants du primaire :
« La région forestière est bien couverte en la matière, avec deux écoles à Guéckédou, dont une privée, et une autre à Nzérékoré ».
Sur le plan sanitaire, la région dispose également d’un réseau d’écoles de santé formant aux soins de santé primaires, aux métiers d’infirmier d’État, et même à des spécialisations comme la comptabilité à travers des BTS.
À la question de l’employabilité, Alhassane Diami Diallo reste optimiste : « Toutes les filières sont orientées vers les besoins du marché et de la main-d’œuvre locale. Nos diplômés peuvent facilement s’auto-employer dans leur domaine de formation ».
Sur le terrain, les candidats rencontrés dans les laboratoires, ateliers et chantiers sont confiants. Zézé Zoumanigui, en pleine épreuve, déclare : « L’année a été longue et exigeante, mais j’ai toujours pris au sérieux les cours et les stages. Je suis confiant pour l’obtention de mon diplôme ».
De son côté, Rachelle, candidate en maçonnerie, brise les stéréotypes de genre.
« On dit souvent que c’est un métier d’homme. Pourtant, je suis convaincue que les femmes peuvent faire aussi bien, voire mieux. Je suis rassurée quant à mon diplôme et je suis sûre qu’il y aura toujours des chantiers où je pourrai exercer ».
Enfin, pour encourager l’orientation vers les métiers techniques, l’inspecteur régional lance un appel :
« J’invite les parents et tuteurs à soutenir et à pousser les jeunes, filles comme garçons, à intégrer les écoles techniques et professionnelles ».
En région forestière, chaque examen de fin d’études professionnelles est bien plus qu’un passage obligatoire : c’est un combat pour l’avenir.
FÔFÔ CAMARA
