Général Amara Camara : « La Guinée a besoin de 200 milliards de dollars pour devenir émergente sur 15 ans »
La Présidence de la République dévoile une projection financière d’envergure pour l’avenir du pays. Pour sortir durablement de la précarité et accéder au rang de pays émergent, la Guinée devra mobiliser un financement massif sur les quinze prochaines années.
Cette vision stratégique a été exposée par le ministre secrétaire général et porte-parole de la Présidence, le Général Amara Camara, qui insiste sur une planification rigoureuse rompant avec les pratiques d’improvisation du passé.
À la question du coût réel du développement de la Guinée, le sommet de l’État apporte désormais une réponse chiffrée. Selon le Général Camara, la feuille de route est clairement définie pour les quinze années à venir, avec un objectif financier précis.
« Pour les 15 prochaines années, pour que la Guinée sorte la tête de l’eau et devienne un pays émergent, elle a besoin de 200 milliards de dollars », a-t-il déclaré.
Une vision structurée par cycles de cinq ans
Cette enveloppe jugée considérable ne sera toutefois pas engagée sans méthode. Le porte-parole de la Présidence précise que cette stratégie de long terme repose sur une planification séquencée afin d’en assurer l’efficacité. Le montant global de 200 milliards de dollars est ainsi « réparti sur trois fois cinq ans », offrant une meilleure lisibilité des priorités nationales.
« Chaque cinq années, on sait exactement ce dont nous avons besoin. Aujourd’hui, nous savons exactement, sur les quinze prochaines années, quels sont les grands projets auxquels la Guinée devra faire face », a-t-il expliqué.
Vers l’adoption du budget-programme
Pour accompagner cette ambition, l’État entend réformer son mode de gestion des finances publiques. L’objectif est de mieux arrimer les ressources budgétaires aux priorités de développement.
« Pour être en phase avec cette vision, on va passer au budget-programme (…). Donc ça permet effectivement d’être cadré », souligne le Général Camara.
Des unités de gestion dans chaque ministère
Sur le plan institutionnel, une réorganisation administrative est également annoncée, inspirée du modèle de gouvernance mis en place autour du projet Simandou. Chaque département ministériel sera désormais doté d’unités dédiées au suivi et à la gestion des projets.
« C’est à ce titre que le décret qui a créé l’unité de gestion du projet Simandou a été pris. Et dans chaque département, désormais, il y aura des unités de gestion de projet en harmonie avec le grand bureau de gestion du projet », a-t-il précisé, lors de son intervention dans l’émission L’Heure du Bilan sur la RTG.
Pour la Présidence, le temps de l’improvisation est révolu. « Tout est mis en chaîne, il suffit juste de faire la mise en œuvre », assure Amara Camara, avant de conclure : « On est en train de sortir des imprévus pour aller dans le concret. »
