Du passé naît la paix, quand le fils écrit une autre page
Parfois, l’histoire semble s’écrire à l’encre indélébile du souvenir. Dans une nation aux mémoires vives, chaque geste, chaque parole d’un acteur public est scruté à la loupe du passé. Pourtant, il arrive qu’un homme, au cœur de l’actualité, par son engagement sincère et ses pas résolus vers l’unité, tente de réconcilier les temps. C’est le cas du Général Amara Camara.
Sa récente participation à la marche de paix à Mamou, ville symbole, a suscité des réactions diverses. Certains y ont vu un acte de communication. D’autres, plus critiques, l’ont ramené au lourd héritage paternel. Mais c’est là que réside justement la force de cet acte, marcher pour la paix dans une ville historiquement chargée, c’est accepter de se mettre face aux blessures d’hier, non pour les nier, mais pour les dépasser.
Le passé de chacun est une part de son histoire, mais il ne détermine pas son destin. Si l’on devait juger les enfants à travers le prisme des fautes supposées ou réelles de leurs pères, combien de destins seraient injustement brisés ? La justice du cœur et de l’histoire commande de voir les individus à la lumière de leurs choix personnels.
Amara Camara n’a pas hérité d’une innocence, mais il a choisi de porter un message de cohésion. En marchant à Mamou, il tend la main, humblement, vers ceux qui doutent, vers ceux qui n’oublient pas, mais qui aspirent à vivre autrement. Ce n’est pas un effacement du passé, c’est une tentative de réconciliation entre l’ombre et la lumière.
Dans une Guinée qui se cherche, dans une transition qui espère, chaque geste de paix devrait être accueilli non par le soupçon, mais par le discernement. La paix n’est pas un mot. C’est un chemin semé de malentendus, de regards fuyants et parfois de rejet. Mais ceux qui osent l’emprunter méritent d’être entendus.
À ceux qui critiquent le Général Amara Camara, posons cette simple question : et si cette marche était justement un acte d’humilité et de courage ? Et si, dans une époque marquée par les crispations et les rancunes, ce pas symbolisait une volonté réelle de se tourner vers l’avenir ?
La paix ne se décrète pas. Elle se construit. Pas à pas. Et parfois, elle commence là où on l’attend le moins : dans les gestes de ceux qu’on croyait figés par l’histoire. Amara Camara, en marchant à Mamou, a peut-être voulu écrire une autre page. À nous de décider si nous sommes prêts à la lire.
Par Billy KEITA, citoyen en méditation mais passif
