Candidature au Parlement guinéen : les règles à connaître pour éviter l’élimination

À trois mois du scrutin du 24 mai, les règles du jeu sont désormais claires : nationalité, âge, parité, casier judiciaire… Tout manquement et votre candidature peut être recalée. Voici le guide complet pour briguer un siège au Parlement guinéen.

Les critères constitutionnels

Selon l’article 103 de la Constitution adoptée le 21 septembre 2025, tout candidat doit :

  • Être de nationalité guinéenne ;
  • Avoir entre 21 et 80 ans ;
  • Jouir de ses droits civils et politiques ;
  • Être investi par un parti légalement constitué ou se présenter comme candidat indépendant avec un parrainage valide.

L’article 104 précise que les députés sont élus pour un mandat de cinq ans, renouvelable, au suffrage universel direct. Le scrutin est mixte : un tiers des députés est élu à la proportionnelle sur liste nationale, tandis que les deux tiers le sont au scrutin uninominal ou plurinominal. Les listes doivent favoriser la représentation des femmes et des personnes en situation de handicap.

Les exigences du Code électoral

Le Code électoral fixe le nombre de députés à 147 et impose aux candidats de déposer un dossier complet comprenant :

  • Une déclaration sur l’honneur ;
  • Un extrait d’acte de naissance ;
  • Un casier judiciaire récent ;
  • Une preuve de caution ;
  • Les documents d’investiture ou de parrainage selon le cas.

La parité est obligatoire : au moins 30% des candidats doivent être des femmes, sous peine d’irrecevabilité.

Qui ne peut pas se présenter ?

L’article 157 du Code électoral énumère plusieurs cas d’inéligibilité, incluant :

  • Les personnes atteintes de démence ou condamnées pour des crimes ou délits spécifiques ;
  • Les naturalisés depuis moins de dix ans, sauf résidence régulière ;
  • Les gouverneurs, préfets, sous-préfets, secrétaires généraux, et plusieurs hauts fonctionnaires en poste depuis au moins un an dans leur circonscription.

D’autres catégories, comme les membres du gouvernement, magistrats, militaires, responsables d’EPA ou chefs d’entreprise, doivent démissionner ou être mis en disponibilité avant le dépôt de candidature.

Incompatibilités et interdictions

L’article 158 interdit aux députés d’exercer toute fonction publique non élective, à l’exception des enseignants et médecins dans les institutions publiques. Les fonctions de chef d’entreprise, directeur général ou gérant sont également incompatibles. Pour les avocats, l’article 161 précise qu’il leur est interdit de plaider contre l’État ou les établissements publics pendant leur mandat.

Déclaration de candidature

Pour se porter candidat, chaque dossier doit comprendre :

  • Une déclaration sur l’honneur certifiant qu’il n’existe aucun cas d’inéligibilité ;
  • Une pièce d’identité ou extrait de naissance ;
  • Un certificat de nationalité si nécessaire ;
  • Un bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de trois mois ;
  • Un récépissé de dépôt de caution ;
  • Une attestation d’investiture pour les candidats de partis et une attestation d’indépendant pour les candidats sans parti ;
  • Les listes de parrainage pour les candidats indépendants.

En résumé

La nouvelle législation guinéenne encadre strictement l’accès au Parlement, combinant critères d’âge, nationalité, parité, et contrôle des conflits d’intérêts. Tout candidat potentiel doit s’y conformer scrupuleusement pour éviter l’irrecevabilité de sa candidature.