Guinée : la HAC bannit purement et simplement France 24

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé, jeudi 17 septembre 2026, l’interdiction immédiate de diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire guinéen. La décision, numérotée 032/HAC/P/2026, fait suite à une mise en demeure adressée à la chaîne française deux jours plus tôt.

Le 15 septembre, un présentateur de France 24 avait désigné Mamadi Doumbouya de « président putschiste » lors d’une édition d’information, en référence au coup d’État de 2021 par lequel il est arrivé au pouvoir. Le lendemain, 16 septembre, la HAC avait mis en demeure la chaîne (décision N°041/HAC/2026), lui demandant de cesser l’usage de ce terme et de procéder à des rectifications éditoriales. Le régulateur, présidé par Boubacar Yacine Diallo, jugeait ce qualificatif inapproprié depuis l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 et la prestation de serment de M. Doumbouya.

Selon la décision consultée par notre rédaction, la HAC affirme que France 24 n’a pas donné suite à cette mise en demeure et a maintenu l’usage des termes contestés. Le régulateur qualifie ce refus de « manifeste, délibéré et caractérisé » et l’assimile à une atteinte à la souveraineté juridique de l’État guinéen.

Le texte prévoit quatre mesures, applicables avec effet immédiat :

  • interdiction de diffusion de France 24 sur tout le territoire, par tout moyen technique (satellite, câble, applications mobiles, sites internet, réseaux sociaux) ;
  • révocation de l’autorisation de diffusion et retrait des accréditations de presse des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs de la chaîne en Guinée ;
  • réquisition de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) pour bloquer techniquement les accès numériques à France 24, et instruction donnée à Canal+ Guinée de couper le signal ;