Massacres du 28 septembre : à la barre, l’ancien chef d’état major évoque 155 corps

Le procès des évènements du 28 septembre 2009 se poursuit au tribunal spécial situé à la cour d’appel de Conakry. Ce mercredi 15 novembre c’est l’ancien chef d’Etat major général des forces armées, Général Oumar Sanoh qui était à la barre. Cet ancien haut gradé de l’armée a fait remarqué qu’il y a eu 155 corps recensés après les violences dans l’enceinte du stade.

« Il y avait une radio qui était à côté, j’ai entendu parler de ce qu’il s’est passé au stade entre 10 heures et 11 heures, j’ai reçu l’appel d’une française à travers un téléphone, elle m’a dit qu’elle est responsable de la Croix rouge international, qu’elle est là ( à Conakry, ndlr) pour former la Croix rouge guinéenne. Elle dit qu’elle est au stade, on est débordée, la croix rouge est là, il y a beaucoup de blessés et il y a des morts, mais il n’y a qu’une seule ambulance, aidez-nous à avoir des ambulances. J’ai contacté le service de santé, j’ai appelé le ministre Diaby, il m’a dit qu’il va dans son chantier à Coyah, je lui ait dit qu’il y a quelque chose qui se passe au stade, on veut des ambulances, la croix rouge a besoin des ambulances et il dit que toutes les ambulances de l’armée sont en panne, on a hérité des engins défectueux après Lansana Conté. Il a dit qu’il va voir au niveau des hôpitaux, il a raccroché et je suis resté. Il a rappelé et m’a dit que Fatou Siké n’a qu’une seule ambulance disponible, l’ambulance est partie au stade. On est resté sur ça, la dame m’a rappelé encore, il y a 2 ambulances, mais le nombre est insuffisant. Ainsi, elle m’a demandé si je peux avoir des camions ? Je lui ai répondu vous voulez combien de camions ? Je peux avoir 3 camions. J’ai appelé le commandant du train militaire, je lui ai ordonné de préparer 3 camions carburés avec des chauffeurs à bord et désigner un chef de mission parmi les chauffeurs. Les chauffeurs sont allés directement au stade, rencontrer la française et sont mis à sa disposition. Les camions sont effectivement partis, les chauffeurs sont partis se mettre à la disposition de cette dame. Elle m’a confirmé que les 3 camions sont arrivés. Ce sont ces 3 camions que moi j’ai ordonné. Ensuite, par l’intermédiaire des chauffeurs la dame a pu avoir le commandant du train militaire pour dire qu’il a été augmenté un camion, cela fait 4 camions. Les 4 camions sont allés au stade, ils ont embarqué 155 corps, ils ont démarré pour aller à la morgue, arrivé à la morgue, les chauffeurs n’ont pas vu les responsables de la morgue, sur leur initiative, ils ont conduit les corps au camp Samory. Ceux qui étaient à la morgue ne pouvaient pas recevoir les corps, la salle n’était pas préparée. Les chauffeurs ont décidé eux même d’aller au camps Samory. Ils ont garé les 4 camions tout en demandant de les appeler quand la morgue sera prête. Puis, quand la salle était prête ils ont ramené les corps à la morgue à Ignace Deen, ils ont déposé les corps », a-t-il expliqué.