CRIEF : Charles Wright annonce une traque sans exception contre la corruption
Officiellement installé dans ses fonctions de procureur spécial près la CRIEF ce jeudi 9 avril à la Cour d’appel de Conakry, Alphonse Charles Wright a rapidement donné le ton. Devant les hauts cadres de l’appareil judiciaire, il a réaffirmé son engagement à servir la nation avec loyauté, balayant au passage les doutes qui entouraient sa nomination.
Dans un discours appuyé, il a dressé un constat sans complaisance de la corruption en Guinée, qu’il décrit comme un « poison » profondément enraciné dans toutes les sphères, y compris au sein de la justice et de l’administration. Face à cette réalité, il a insisté sur l’application stricte des textes de loi relatifs à la lutte contre la corruption, soulignant que tous les agents publics sont concernés, sans distinction de statut ou de fonction.
Se voulant clair et direct, Charles Wright a lancé un avertissement qui résonne comme une mise en garde : « Ne soyez pas surpris qu’un magistrat passe au CRIEF… Personne ne sera épargné ». Il a également prévenu que même des responsables de haut niveau pourraient être poursuivis, rejetant toute interprétation de ses actions comme une « chasse aux sorciers ». Selon lui, il s’agit plutôt de poursuivre, dans la légalité, un processus déjà engagé.
Dans la même dynamique, il a reconnu les dysfonctionnements internes à la justice, évoquant notamment les pratiques de corruption pour obtenir des décisions judiciaires. Pour lui, aucune réforme crédible ne peut être envisagée sans un assainissement en profondeur de ce secteur clé.
Enfin, pour joindre l’acte à la parole, le procureur spécial a annoncé qu’il déposera lui-même sa déclaration de biens dès le lundi, conformément à la loi, invitant ses collègues magistrats à faire de même. Il a également annoncé la mise en place d’un numéro vert (627 97 17 17), destiné à permettre aux citoyens de dénoncer les faits de corruption directement auprès du parquet spécial.
