Boké : la grève des enseignants dégénère, des élèves s’en prennent violemment à plusieurs écoles privées

À Boké, la tension est montée d’un cran ce lundi 8 décembre 2025, alors que la grève des enseignants du public a basculé dans une spirale de violences inattendues. Très tôt le matin, des groupes d’élèves ont déferlé dans les rues poussiéreuses de la commune urbaine, leurs cris résonnant entre les bâtiments encore à moitié plongés dans la fraîcheur matinale. Armés de pierres et visiblement déterminés, ils ont pris pour cible plusieurs établissements privés, semant la panique et laissant derrière eux un paysage de désolation.

Aux abords des écoles privées, le calme habituel des débuts de semaine a rapidement été brisé. Des vitres volaient en éclats, des toitures étaient arrachées sous les jets de projectiles, et des salles de classe se retrouvaient en quelques minutes méconnaissables. Les enseignants tentaient d’évacuer les élèves pris de panique, tandis que certains parents, alertés par téléphone, accouraient en courant à la recherche de leurs enfants.

Au Groupe Excellence de Boké, les dégâts sautent immédiatement aux yeux. Des morceaux de tôles jonchent la cour, les portes fracturées pendent encore à leurs gonds et des blocs entiers donnent l’impression d’avoir été secoués par un orage violent.

Le fondateur, Mamadou Saidou Souano, marche lentement entre les débris, visiblement éprouvé. Il s’arrête devant la salle où un élève de 2ᵉ année a été grièvement blessé. « Nous avons un cas de fracture chez un élève… et une enseignante a reçu des coups, » confie-t-il, la voix serrée. « Regardez les toitures, pratiquement toutes les tôles ont été endommagées. Le portail a été complètement arraché. Nous n’arrivons même pas à établir un bilan précis tellement la situation est chaotique. », déplore t-il.

À mesure qu’il parle, son indignation grandit. Il dénonce ce qu’il considère comme une attaque clairement coordonnée : « On nous a rapporté qu’ils se sont retrouvés autour du mât de l’école Nema pour planifier leur marche. Une grève ne devrait jamais se transformer en violence. Et encore moins viser les écoles privées. Nous allons porter plainte contre X. »

Au Groupe ALDEX, l’ambiance est tout aussi lourde. La poussière soulevée par les jets de pierres flotte encore dans l’air, et la voiture du proviseur, avec ses vitres explosées et sa carrosserie cabossée, témoigne de la brutalité de l’attaque. Dans la cour, des chaises renversées et des morceaux de briques racontent la panique qui a traversé l’établissement.

Le directeur, Momo Adama Camara, dresse un premier constat : « Nous avons plusieurs blessés, dont deux graves. Les vitres, les toitures… tout a été touché. Même les murs ont été frappés. », soutien cet autre endreur visiblement terrorisé Son visage laisse apparaître la même incompréhension que celle exprimée dans les autres écoles visées.

Les violences ne se sont pas arrêtées à ces deux établissements. Les Écoles KPC de Boké, le Groupe scolaire PATMOS, ainsi que plusieurs autres écoles privées ont subi le passage des manifestants. Dans certains quartiers, des habitants ont tenté d’intervenir pour disperser les élèves, sans succès, jusqu’à l’arrivée des forces de maintien d’ordre.

Ces dernières ont dû sécuriser les zones pendant plusieurs heures, alors que des parents, paniqués, parcouraient les rues à la recherche de leurs enfants, certains en larmes, d’autres tenant encore leurs enfants par la main, tremblants.

Zakaria Diallo