Kindia : la détresse des communautés impactées par le projet Simandou à Sekhousoria
Le deuxième rapport annuel du comité de suivi des impacts du projet Simandou a été rendu public le samedi 31 janvier 2026 à Sekhousoria, dans la sous-préfecture de Madina Oula, préfecture de Kindia.
À cette occasion, de nombreux citoyens ont saisi la tribune pour exprimer leur ras-le-bol face à une situation qui perdure depuis plusieurs années. Selon eux, les compensations promises tardent à se matérialiser, malgré les impacts subis sur leurs moyens de subsistance.
« Ils ont détruit une partie de mon champ en mettant beaucoup de sable dedans. J’ai dit aux travailleurs du Winning Consortium Simandou et aux entreprises sous-traitantes d’enlever le sable au milieu de mon champ. Je récoltais beaucoup de riz dans mon champ. Le sable est là-bas depuis 3 ans. Ils n’ont rien enlevé malgré mes plaintes. Une machine est venue creuser une crevasse derrière le sable. Ils ont empiré la situation. Je n’ai pas été dédommagé. Je n’utilise plus mon champ. Je demande à WCS de réparer le préjudice ou d’enlever le sable sur mon champ et remplir la crevasse. C’est le seul champ que j’ai à Sekhousoria », s’est lamenté Abdoulaye Soumah.
Au-delà des pertes agricoles, plusieurs habitants de Sekhousoria font aujourd’hui face à une pauvreté grandissante et à des risques sanitaires accrus. Privées de ressources suffisantes, les communautés impactées dénoncent des conditions de vie de plus en plus précaires.
« Nous sommes envahis par la poussière. Le passage des camions provoque la pollution de l’air. Tout le monde tousse chez nous à Gneguèya, secteur relevant du district de Sekhousoria. Nos manguiers sont devenus improductifs depuis 3 ans. L’eau fait cruellement défaut. Les sociétés ont réalisé un forage produisant une eau de mauvaise qualité. Notre rivière est polluée. La maladie nous guette. Les travaux de dynamitage ont causé des dégâts sur nos maisons. Ils nous ont envoyé 20 sacs de ciment pour réparer nos bâtiments. C’est insignifiant. 30 maisons ont été endommagées. Nos champs ont été détruits. On ne peut pas croiser le fer avec les autorités. On se remet à Dieu », s’est alarmé Nfaousmane Keita, chef secteur de Gneguèya.
Le rapport, long de 15 pages et intitulé « Plaidoyer pour le respect des droits des communautés impactées par le projet Simandou », recommande aux partenaires techniques et aux ONG de poursuivre leur accompagnement des communautés, notamment en matière d’information, de sensibilisation et de formation sur leurs droits, leurs devoirs et les voies de recours légales.
Il interpelle également l’État et les entreprises impliquées, au niveau national, afin que les préoccupations des communautés affectées soient réellement prises en compte dans la mise en œuvre du projet Simandou.
Ibrahima Sory Traoré
