Guinée : Lancement d’une campagne nationale de contrôle systématique du travail
C’est à l’occasion d’une conférence de presse tenue ce mercredi 8 octobre à l’hôtel Kaloum, à Conakry, que l’Inspection générale du travail a annoncé le lancement d’une vaste campagne de contrôle systématique dans plusieurs secteurs d’activités à travers le pays.
Présidée par M. Mohamed Ouattara, inspecteur général du travail, cette rencontre s’est tenue en présence d’une importante délégation de son bureau, sous la conduite du ministre du Travail et de la Fonction publique.
Dans son allocution, M. Ouattara a précisé l’objectif de cette campagne : « C’est notre mission quotidienne, mais cette fois-ci, nous voulons lui donner une plus grande ampleur. C’est à cause de cette importance que nous avons organisé ce point de presse, afin de normaliser nos rapports avec les employeurs et les informer à l’avance de notre démarche. Nous irons sur le terrain, dans toutes les entreprises du pays, pour mener des contrôles basés sur une trentaine de points, répartis entre le volet administratif et le volet technique. Ces vérifications porteront notamment sur la protection administrative, la santé et la sécurité au travail, les contrats de travail, les heures supplémentaires et les bulletins de paie. Tous ces éléments figurent déjà dans le Code du travail, et c’est leur application que nous veillons à faire respecter en République de Guinée. L’inspection durera environ trente jours ouvrables, soit un mois. L’objectif est de savoir ce qui se passe dans les différents secteurs et d’identifier les corrections à apporter. Mais avant toute correction, il faut d’abord bien connaître la réalité du terrain ».
Poursuivant son intervention, l’inspecteur général du travail a tenu à rappeler certaines obligations légales souvent ignorées par les employeurs : « Il y a des employeurs qui viennent à l’Inspection pour dire qu’il n’y a pas de contrat entre eux et leurs employés. Mais le contrat ne se limite pas à un papier. Dès lors qu’un employé peut prouver un lien de subordination, cela constitue un contrat. Faites attention, notamment dans vos entreprises où des stagiaires sont maintenus depuis plusieurs années. Quand quelqu’un est là depuis cinq ans, ce n’est plus un stage, c’est un emploi ! Selon la catégorie, après un à trois mois, un travailleur est censé passer automatiquement en CDI. Nous allons vérifier tout cela : les bulletins de paie, les équipements de protection, les règlements intérieurs — qui doivent être validés par l’Inspection du travail —, les certificats de régularité sociale trimestrielle, les contrats de sous-traitance et les dispositifs de sécurité. Ces éléments ne sont pas des contraintes excessives, mais des obligations légales auxquelles toutes les entreprises doivent se conformer ».
Cette campagne nationale de contrôle vise donc à renforcer le respect du Code du travail et à améliorer les conditions des travailleurs sur l’ensemble du territoire guinéen.
Mohamed Jr Camara
