ÉDUCATION : La rentrée scolaire fixée au 15 septembre 2025 suscite des réactions vives

Le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation a annoncé la réouverture des classes pour le 15 septembre 2025, marquant ainsi le début de l’année scolaire 2025-2026. Une décision qui ne fait pas l’unanimité, aussi bien chez certains acteurs du système éducatif que parmi les citoyens.

Le secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, qualifie cette mesure d’« unilatérale ». Selon lui, elle traduit un manque de respect vis-à-vis du calendrier scolaire, notamment avec des vacances écourtées pour les élèves et les enseignants.

Des parents d’élèves expriment également leurs inquiétudes. Alhassane Soumah, citoyen de Kiriah, dans la sous-préfecture de Wonkifong, se dit pris au dépourvu.

« J’ai appris la nouvelle à la radio. Mais nous traversons une période difficile où l’argent se fait rare. J’ai cinq enfants à scolariser – deux au collège, deux au lycée et un à l’élémentaire. Franchement, je ne pourrai pas les envoyer en classe dès le 15 septembre », confie-t-il.

Même son de cloche chez Ibrahim Diakité, rencontré dans la périphérie de Coyah.

« Cette date du 15 septembre est comme une corde au cou pour nous, parents d’élèves. Nous allons nous battre pour être prêts, mais ce ne sera pas facile », affirme-t-il.

Du côté des enseignants, les critiques ne manquent pas non plus. L’un d’eux, qui a requis l’anonymat, dénonce le manque de considération du ministère envers les enseignants guinéens.

« Nous sommes aussi des parents d’élèves. Fixer la rentrée au 15 septembre est une mauvaise idée, car elle intervient loin des périodes de paie. Le plus grand problème reste le manque d’enseignants en situation de classe. J’enseigne depuis plus de vingt ans au même poste et j’ai demandé sept fois ma mutation, sans succès. On m’a même réclamé de l’argent pour obtenir ce qui est pourtant un droit. Dans ces conditions, comment voulez-vous qu’on s’investisse pleinement ? », s’interroge-t-il.

Fôfô Camara