𝐌𝐚𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮𝐛𝐚 𝐓𝐨𝐬 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚, 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬𝐚𝐧 𝐝𝐮 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞 𝐥𝐚̀ 𝐨𝐮̀ 𝐝’𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐞́𝐜𝐡𝐨𝐮𝐞́

Depuis le 5 septembre 2021, date marquant le changement de régime en Guinée, la ville de Kankan, berceau historique et fief politique, est restée une énigme pour le Conseil National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Malgré les multiples tentatives des « fils de Kankan » au sein du gouvernement pour mobiliser leur propre terre natale en faveur du président Mamadi Doumbouya, les résultats ont été mitigés, voire inexistants. Un homme, cependant, a relevé le défi avec brio : Mamadouba Tos Camara. Son succès, là où ses pairs ont échoué, révèle une leçon politique majeure : l’importance du respect, de l’humilité et de l’écoute.

𝐊𝐚𝐧𝐤𝐚𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐑𝐏𝐆 𝐚𝐫𝐜-𝐞𝐧-𝐜𝐢𝐞𝐥 : 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐝𝐞́𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐢𝐧𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞

Kankan, ville symbole de résistance et de fierté, demeure profondément attachée au professeur Alpha Condé et à son parti, le RPG arc-en-ciel. Le coup d’État du 5 septembre 2021, perçu comme une trahison envers un président issu de leurs rangs, a creusé un fossé entre les Kankanais et le CNRD. Les déplacements du général Doumbouya dans la ville, pourtant destinés à séduire, n’ont pas suscité l’engouement escompté. La raison ? Un sentiment d’irrespect persistant, exacerbé par l’attitude de certains cadres du CNRD originaires de Kankan.

Ces derniers, une fois propulsés à des postes clés, ont affiché une arrogance déconnectée des réalités locales. Ignorant les appels de leurs frères, refusant de participer aux solidarités communautaires, et se comportant en « élus divins », ils ont aliéné une population pourtant prête à dialoguer. Le CNRD n’a jamais questionné ce rejet, jusqu’à ce que Mamadouba Tos Camara ose poser les bonnes questions.

𝐌𝐚𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮𝐛𝐚 𝐓𝐨𝐬 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚 : 𝐥’𝐡𝐮𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐞

Lié à Kankan par sa mère mais originaire de la Basse-Côte, Mamadouba Tos Camara a su adopter une approche différente. Contrairement aux autres, il n’a pas présumé que le pouvoir matériel ou les promesses suffiraient. Après deux mois d’immersion dans la ville, il a compris que les Kankanais exigeaient avant tout « 𝑟𝑒𝑠𝑝𝑒𝑐𝑡 » 𝑒𝑡 « 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑖𝑑𝑒́𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 ».

𝐒𝐨𝐧 𝐠𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐭 ? 𝐃𝐞𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞𝐫 𝐩𝐚𝐫𝐝𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐧𝐨𝐦 𝐝𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚, reconnaissant les erreurs commises, tout en rappelant une vérité essentielle : « Mamadi est votre fils. S’il se trompe, corrigez-le, mais ne l’abandonnez pas ». Par ces mots, il a redonné à Kankan sa dignité, transformant un rapport de défiance en espoir de réconciliation.

𝐔𝐧𝐞 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐂𝐍𝐑𝐃 : 𝐥𝐚 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝’𝐞𝐠𝐨

Alors que certains cadres de Kankan tentent aujourd’hui de s’approprier ce succès, la réalité est claire : Mamadouba Tos Camara est le seul à avoir écouté, compris et agi. Son mérite ne se discute pas. Son exemple devrait inspirer le CNRD : la paix sociale ne se décrète pas, elle se construit par des actes.

Pour unir la Guinée, il faut aller au-delà des discours. Le gouvernement doit organiser des concertations inclusives, écouter les frustrations et poser des actes symboliques forts. Le premier pas vers la cohésion nationale ? La libération sans condition de tous les prisonniers politiques, geste qui prouverait une volonté réelle de tourner la page des rancœurs.

𝐂𝐨𝐧𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 : 𝐋’𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐝’𝐀𝐥𝐩𝐡𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐝𝐞́ 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐬𝐢𝐭𝐞́

Ironie de l’histoire, Mamadouba Tos Camara, bien qu’affichant aujourd’hui une distance avec son mentor Alpha Condé, a appliqué une maxime chère à l’ancien président : « Savoir écouter le peuple pour mieux le servir ». Son succès à Kankan rappelle que la politique, en Guinée comme ailleurs, reste un art du dialogue, de la patience et du respect.

Au CNRD, maintenant de choisir : persister dans l’arrogance, ou suivre l’exemple de Mamadouba Tos Camara pour écrire une nouvelle page, pacifique et unie, de l’histoire guinéenne.

Kaba 1er
Natif de kankan.

libre pour une Guinée réconciliée.